Conrad d’Ascoli
Franciscain, Bienheureux
† 1289

La vie de ce saint religieux doit intéresser particulièrement les Français, puisqu'il demeura longtemps dans ce royaume et qu'il habita Paris pendant un assez grand nombre d'années. Il naquit, en 1234, à Ascoli, dans la Marche d'Ancône. Son père , appelé François Miliani, surnom que l'on donne quelquefois à Conrad, était d'une famille noble, et sa mère, Agnès Saladini, n'était point d'une condition inférieure à celle de son époux. Leur fils annonça de bonne heure, par ses heureuses dispositions ', qu'elle serait sa sainteté future. Il parut même doué, dès son enfance, du don de prophétie ; car il e’était dans l'habitude de se prosterner aux pieds d'un jeune homme de son âge et de son pays, nommé Jérôme, qui, entré depuis chez les Franciscains, gouverna cet ordre en qualité de général et devint ensuite Pape, sous le nom de Nicolas IV. Conrad, ayant lui-même embrassé dans sa ville natale l'institut des frères Mineurs, reçut le doctorat à Pérouse, et vint à Rome, où il se livra avec zèle à la prédication. .Quelque temps après, il passa en Afrique, s'avança jusqu'en Libye, dont il parcourut les différentes contrées ; apprivoisa par sa douceur, par l'éclat de ses vertus, et par ses miracles, ces nations barbares, et gagna à Jésus-Christ plusieurs milliers d'âmes qu'il avait évangélisées.

Revenu en Italie et épuisé par ses travaux, Conrad excita l'admiration de frère Jérôme, son compatriote et son ancien compagnon, qui était alors général de l'ordre de Saint-François. Aussi Jérôme ayant été envoyé en France par le Pape Nicolas III, pour apaiser des différends qui s'étaient élevés entre Philippe le Hardi et le Roi de Castille, il voulut que Conrad le suivît. L'heureux succès de la négociation ramena Conrad à Rome. Il y passa deux ans, après lesquels on lui ordonna de se rendre de nouveau h Paris, pour y professer la théologie. Il s'acquitta de cet emploi de manière à mériter les applaudissements publics ; mais il ne se bornait pas à enseigner dans les écoles, il annonçait souvent la parole de Dieu au peuple, et visitait assidûment les hôpitaux dans lesquels il produisit de grands fruits. Son genre de vie était très austère et son attention continuelle était de travailler à parvenir, par la pratique des vertus, à la perfection du christianisme. Il avait pour Jésus souffrant une dévotion si tendre, qu'il éprouvait quelquefois les douleurs de sa passion ; et sa foi au mystère de la Trinité était si vive, qu'il s'en servait pour combattre le démon et pour guérir les maladies.

Le frère Jérôme était devenu, depuis son retour de France, évêque de Palestrina. Il fut, le 15 Février 1288, élu Pape et prit le nom de Nicolas IV, en mémoire de Nicolas III, qui l'avait élevé au cardinalat. Un de ses premiers soins fut de rappeler Conrad à Rome, avec l'intention de le faire entrer dans le sacré collège ; mais le saint religieux ne put jouir de cette faveur. Étant parvenu à Ascoli, sa patrie, il y tomba dangereusement malade. Muni des sacrements de l'Église et couché par terre, ainsi qu'il l'avait demandé, il mourut le jour qu'il avait prédit, c'est-à-dire le 29 Avril 1289. Son corps, qui resta flexible et répandait une odeur agréable, fut inhumé au bout de trois jours, et ensuite placé dans un tombeau par l'ordre de Nicolas IV. Au bout de quatre-vingt-deux ans, on le transporta dans la nouvelle église de Saint-François, où il n'a pas cessé do recevoir les marques de la vénération publique et où Dieu continue de manifester, par des miracles, la sainteté de son serviteur. Le Pape Pie IV a autorisé le culte du bienheureux Conrad.

SOURCE : Alban Butler : Vie des Pères, Martyrs et autres principaux Saints… – Traduction : Jean-François Godescard.

 

 

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