Alain de Solminihac
(1593-1651)-Béatifié le 4 octobre 1981
(suite)

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Le temps des épreuves

Alain de Solminihac, évêque de Cahors, était resté abbé de Chancelade. Il assumait ainsi deux lourdes charges: réformer un diocèse tout en maintenant vivante la réforme de l’abbaye.

3-1-L’abbaye de Chancelade

À Chancelade, les vocations étaient nombreuses et l’avenir semblait assuré. Mais des mesures de rétorsion du Cardinal de La Rochefoucault empêchèrent Chancelade d’exporter ses chanoines dans les abbayes désireuses d’adopter la réforme de Chancelade. La surpopulation engendra des tensions qui dégénérèrent en révoltes. On se battit... il y eut des blessés!... Il y eut des procès. On faisait appel au pape, mais on n’acceptait pas ses juges.

Monsieur Vincent soutenait Mgr de Cahors. Finalement, Alain fonda, le 9 juin 1647, un prieuré de 12 chanoines réguliers dans sa ville épiscopale, sous le titre et invocation de la Nativité de la Sainte Vierge, Mère de Dieu, pour enseigner et instruire le peuple en la doctrine chrétienne et en langue vulgaire. Le prieuré Notre-Dame devint, dans le Quercy, un des principaux centres de vie religieuse et un foyer d’apostolat; rapidement ce fut une pépinière d’officiers, ou de secrétaires d’évêché, de missionnaires et de prédicateurs, de vicaires généraux et de futurs abbés.

3-2-Le diocèse de Cahors

La réforme du diocèse de Cahors fut marquée, elle aussi par de nombreuses croix :

3-2-1-Les croix personnelles

De nombreuses croix touchèrent personnellement Mgr Alain, dont de très graves vomissements de sang. En 1651, on crut Alain perdu... Mais il sut surmonter ces épreuves, car, disait-il: “Dans les choses qui dépendent absolument de la volonté de Dieu, il n’y a aucune peine à se soumettre, même si l’eau emportait tout le château.” Ou encore: “Prendre la mitre, c’est se résoudre à abréger ses jours... Il ne faut pas être évêque si on veut se conserver.”

Enfin, croyant qu’il allait mourir, Mgr Alain demandait à mourir pauvre : “L’épiscopat ne me dispense pas de la pauvreté, je veux mourir pauvre. J’espère qu’un de mes amis me donnera un linceul.” Déjà on cherchait un successeur à Mgr Alain. Nous sommes en 1652. Mais peu à peu Mgr Alain reprenait son rythme normal d’activité. Il écrivait en 1654: “Dieu me donne une parfaite santé et des forces comme à l’âge de vingt ans, avec un grand désir de faire ma charge.” À Monsieur Vincent, peu de temps après ses vomissements, il écrivait: “Je vous assure que je crois que je vivrai plus d’un siècle. Je suis dans la cinquante-huitième année, et vous puis assurer avec vérité que je n’ai jamais eu plus de santé qu’à présent: hors de cet accident, plus de force et de vigueur pour travailler et souffrir toute sorte de travail et de fatigue.” Monsieur Vincent, prudemment, réduisit ce siècle de vie à un demi-siècle... qui, lui-même, se réduisit à 5 ans !

3-2-2-Les épreuves extérieures

Les épreuves auxquelles fut soumis le diocèse de Cahors furent très nombreuses sous l’épiscopat de Mgr de Solminihac : soubresauts de la Fronde, famines, peste bubonique, intrigues de toutes sortes.

La Fronde et la misère du peuple

1649-1653. La France était déchirée par la Fronde qui n’épargnait pas les provinces. Alain de Solminhiac resta fidèle à son Roi. Le Prince de Condé, entré en dissidence, cherchait à rallier Mgr de Solminihac à sa cause: en vain. Même il agit autant qu’il le put pour maintenir la région du Quercy dans l’obédience royale.

Les habitants des campagnes furent les grandes victimes de ces troubles, surtout le Bas-Quercy dévasté et pillé par les armées. L’insécurité régnait. Mgr Alain dut interrompre ses visites pastorales par crainte d’être capturé...

La peste

Bientôt un autre fléau allait ravager la province: la peste qui avait atteint Cahors dès octobre 1652. Mgr Alain mobilisa l’administration pour qu’elle mette en place d’importantes mesures sanitaires et prophylactiques. Mais la peste est un fléau qu’il faut prévenir par les seuls et vrais remèdes: le jeûne, les processions, les prières, la pénitence et la conversion des mœurs. Mgr Alain, de son côté, ne ménageait point sa peine auprès des malades et des mourants : “J’ai résolu, écrivit-il à Monsieur Vincent, de m’exposer et de donner de bon cœur ma vie pour le service de mon peuple, si Dieu veut le châtier de ce fléau qu’on croit inévitable.” Il incita également tous ses curés à “s’exposer pour le service de leurs paroissiens.” Véritable miracle: la ville de Cahors, fut préservée de la peste “par une spéciale faveur et grâce de Dieu.” Malheureusement il n’en fut pas ainsi partout dans la province du Quercy, et les visites pastorales de Mgr Alain, pendant ces funestes périodes, fut de secourir les pestiférés dans les régions dévastées.

3-2-3-La grande épreuve

Nous sommes en 1651. La réforme entreprise par l’évêque de Cahors, ainsi que sa sainteté, dérangeaient et lésaient des intérêts: les mécontents furent nombreux. Au sein de son clergé, un syndicat d’opposants se constitua. Conduit par le Curé de Caussade, Jean Lacombe, ce syndicat mena une véritable guerre d’usure contre Mgr Alain. Tous les moyens seront bons pour salir, voire détruire l’évêque de Cahors: pamphlets, procès, calomnies, etc. Ces prêtres qui, heureusement, furent peu suivis, s’en prirent même à la vie intime d’Alain, et à son esprit de pénitence... En fait, prêtres gallicans, attachés à leurs anciennes façons de vivre, ils ne supportaient pas les appels incessants de leurs évêques, pour qu’ils se convertissent. Mais ce qui les mécontentait le plus, c’est l’existence du séminaire!

Les choses allèrent très loin, mais, en dépit des attaques de plus en plus personnelles et odieuses, Mgr Alain, malgré son fort tempérament, sut demeurer patient et serein, et tenir le gouvernail, sans faiblir.

“Ces choses sont difficiles à supporter, avoua un de ses amis, l’évêque de Condom, mais, qui a la patience comme Monseigneur la possède, il lui est plus avantageux de souffrir l’accès de leurs malices que s’ils étaient plus modérés en l’offensant.” Et Alain de répondre : ”J’oserais bien vous assurer avec vérité que tout ce que ces personnes disent de moi et de ma façon d’agir, enfin tout ce qui touche la personne et l’honneur, je le reçois comme une grâce particulière de Dieu. Je l’en remercie de tout mon cœur et le supplie de leur vouloir pardonner... Ô Monseigneur, que ce sont de précieuses grâces que celles-là, qu’il faut recevoir avec respect et adoration !”

Monseigneur Alain confia un jour “que les calomnies les plus grandes ne lui font pas plus d’impression qu’un fétu de paille qui tomberait sur son camail.” Et à un de ses prêtres blessé par la médisance, il conseilla : “Faites bien et laissez dire. La médisance ne nuit pas à ceux qui n’y donnent pas motif, car tôt ou tard, la vérité est reconnue.”

L’autorité de Mgr Alain sortit renforcée de cette grande épreuve. Peu à peu la coalition s’effritait et mourait. L’évêque avait pardonné au meneur, Jean Lacombe, et, à son propos, il affirmait : “Il y a longtemps que je regarde cette personne-là d’une façon qu’on ne sait pas, et il peut se louer qu’il y a peu de personnes qui soient plus dans mes prières que lui.”

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Les dernières années
(1657-1659)

Un jubilé fut accordé en 1656 par le pape Alexandre VII. Malgré sa fatigue, Mgr Alain voulut en faire profiter toutes ses paroisses. Afin de se trouver partout où ce jubilé serait proclamé, il l’étala sur 22 mois et constitua une équipe de seize prêtres dont il était parfaitement sûr sur le plan doctrinal. Les résultats, spectaculaires, furent à la mesure des efforts fournis par l’évêque et ses prêtres. Les nombreux confessionnaux étaient assiégés, et les conversions furent très nombreuses. Le jubilé fut aussi un facteur de paix sociale: beaucoup d’inimitiés s’apaisèrent et il y eut des réconciliations spectaculaires. Il faut dire que l’évêque payait de sa personne, célébrait lui-même la messe dans les villages où il ouvrait le jubilé. Vraiment Mgr de Cahors semblait infatigable... Mais Dieu l’attendait, et ce jubilé sera pour lui comme un adieu.

Été 1659... Mgr Alain entama une étude sur les épîtres de Saint Paul.[1]  À l’automne il voulut reprendre ses visites pastorales: “Je vais faire une visite dans mon diocèse, en suite de quoi je mourrai,” confia-t-il un jour d’août. Il paraissait sans force, mais restait fidèle à sa charge et à ses austérités : “Les deux plus grandes consolations qu’on puisse avoir dans cette vie, disait-il, c’est sa brièveté et de mourir religieusement après avoir usé son corps et ses forces et puissances au service de Dieu.” Sa dernière visite pastorale fut à Alvignac, le 26 septembre 1659.

Mgr Alain accepta l’épreuve de sa retraite et de ses souffrances : “La mort, il nous la faut embrasser amoureusement, non comme causée par le cours des causes naturelles, mais comme causée par le bon plaisir de Dieu.” Chaque jour il avait la volonté de célébrer la messe. Le 8 décembre, il monta à l’autel pour la dernière fois. Les quatre ou cinq jours qui précédèrent sa mort, on célébra la messe dans sa chambre. Le 30 décembre 1659, à 22 heures, l’homme de chambre qui le veillait vint avertir le secrétaire, lequel vint au chevet du malade pour lui annoncer son départ prochain: “Je le sais bien, répondit Mgr Alain, tenez-vous prêt demain à quatre heures pour célébrer la messe et me confesser.” Puis il se fit couvrir la tête d’un linceul et invoqua distinctement les trois personnes divines: “Sainte Trinité, je vous recommande mon âme. Sainte Trinité ayez pitié de mon âme. Sainte Trinité, je vous donne mon âme.“ Et se tournant vers son homme de chambre, il précisa: “Je mourrai demain sur le midi.”

Le lendemain matin, 31 décembre, vers 10 heures, Mgr Alain sortit de son oraison et annonça: “À midi, je serai consommé.” À tous ceux qui l’approchaient il murmurait: “J’achève mon sacrifice.”

Le curé de Mercuès lut à haute voix la Passion selon saint Jean. L’horloge du château sonna les douze coups de midi. Alain venait de mourir. Il avait 58 ans.

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Portrait d’Alain de Solminihac,

5-1-L’abbé de chancelade.

5-1-1-Les vertus d’Alain de Solminihac

          L’humilité

La “vocation” d’Alain de Solminihac est surprenante. Il ne devint abbé de Chancelade que pour des raisons de convenance familiale, et rien dans son éducation mondaine ne l’avait préparé à une telle tâche. Mais une fois la charge acceptée, il manifesta une étonnante humilité qui fut véritablement le fondement de son édifice spirituel. Il avait fait les exercices spirituels d’Ignace de Loyola, et il s’abandonna rapidement à la volonté de Dieu. Il disait fréquemment: ”Pour profiter dans l’humilité, il faut toujours se tenir uni à Dieu et se consacrer totalement à son bon plaisir.” Il affirmait que cette “vertu est celle qui demande le plus de courage, car sa beauté est tout à fait cachée et inconnue, et elle ne paraît que laide et difforme à nos yeux.”

L’abbé de Chancelade était assujetti au règlement commun, mais il jouissait d’une singulière réputation d’austérité, conquise avec prudence et persévérance. Ses austérités, il les considérait comme inhérentes à sa vocation de religieux et d’abbé, qui doit se faire tout à tous, être toujours d’égale humeur, et être au service de tous.

Il expliquait : “Le religieux doit travailler son corps comme une chose toute consacrée à Dieu, non comme sien, mais le considérer comme une autre créature de Dieu et se servir de ce motif, lorsqu’il lui accorde quelques choses selon sa nécessité, comme si on le faisait par charité à une autre créature de Dieu.”

Car c’est toujours Dieu qui doit être servi, et le mieux servi. On a dit qu’avant d’aller à matines, il s’offrait à Dieu dans un acte d’adoration, puis se prosternait à genoux en s’humiliant devant l’incompréhensible majesté de Dieu.

Le but d’Alain: s’anéantir à la gloire de Dieu, se concrétisa par le vœu ”de chercher et soigner toujours la plus grande gloire de Dieu, dans la pratique des choses et affaires qui sembleront de quelque importance.”

          La pauvreté

Alain aimait beaucoup la pauvreté des religieux : “Pour être toujours pauvres et contents de ce qu’on nous donne en religion, disait-il à ses chanoines, soit pour les habits, soit pour les vivres et autres choses, il le faut recevoir comme une aumône.” Même son abbaye, qu’il n’avait pas convoitée mais reçue, Alain estimait qu’il ne la possédait pas davantage que ses chanoines. Il n’hésitait pas à balayer lui-même sa chambre, et un jour, il déclara: “Un supérieur doit être supérieur au chapître et pour se faire obéir. Mais en ce qui regarde le vivre, le vêtement ou le couvert, s’il n’a moins que les autres, tout au plus il ne devrait pas avoir davantage.”

          La ponctualité et l’obéissance

C’est Alain qui avait élaboré la Règle de son abbaye. Mais il estimait que la Règle est supérieure au supérieur. C’est ainsi qu’il estimait devoir donner l’exemple: “Une des premières choses qu’un supérieur doit avoir, c’est d’être prêt de mourir plutôt mille fois que de permettre que la régularité ne se garde. Et il n’hésitait pas à conseiller: “La douceur que l’on recommande à un supérieur ne consiste pas à être indulgent et à permettre des choses contre le règlement et les constitutions.”  

Le premier exemple à donner dans l’observance de la Règle est la ponctualité. Alain était un modèle, allant jusqu’à interrompre ses discours, pendant la récréation, dès que la cloche sonnait. L’obéissance d’Alain, abbé de santé très fragile, se manifestait surtout envers ses médecins, ce qui n’était pas peu méritoire dès lors qu’on connaît les pauvres compétences des médecins de l’époque, et la nature de leurs remèdes. Cependant, quoiqu’il ait dû presque toute sa vie se faire violence pour dominer un caractère violent et difficile, et, malgré sa fermeté, il se montrait très bon avec ses chanoines,: “Bonté et fermeté sont mes deux pieds,” aimait-il à redire.

          La prudence

On a dit de l’Abbé de Chancelade qu’il avait le charisme de lire dans les âmes. Mais il se méfiait de ce don et s’efforçait, prudemment, de se laisser conduire plus par l’Esprit de Dieu que par le sien propre. Dans l’art de gouverner, “c’est le bon jugement qui fait le bon supérieur.” disait-il. “Souvent il faut presque autant de différentes conduites qu’il y a de différents sujets.”

          La charité

Alain sut mettre ses dons au service, non seulement de ses moines, mais également de ses contemporains. Il fut d’abord le professeur de ses novices: cours de dogme, de morale, de liturgie. Comme Monsieur Vincent, dont il était l’ami, son enseignement était avant tout pastoral et pratique. Très vite il comprit la nécessité, pour un prêtre d’être suffisamment instruit, sans toutefois, séparer l’amour du savoir de l’esprit d’oraison.

Abbé de Chancelade, Alain se montra administrateur prudent et avisé,  soucieux d’éviter chez ses moines, tout murmure et toute tentation de jalousie. Alain avait l’angoisse de la charité dans un pays touché par la famine.[2] Aussi l’abbé de Chancelade imagina-t-il un système de distribution alimentaire: il secourait environ 800 personnes par jour, et incitait, avec succès, la classe aisée à écouter les pauvres. En 1631, ce fut la peste, et la charité d’Alain se manifesta de nouveau, allant jusqu’à assister [3] 100 personnes par jour.

À la demande de l’éminence grise de Richelieu, Alain fut amené à visiter l’Ordre des Calvairiennes, dont le Père Joseph lui-même avait encouragé la fondation et rédigé les constitutions. L’abbé de Chancelade semblait, en effet, le visiteur idéal pour porter les âmes à la perfection de l’amour envers Dieu. Comme le Père Joseph, le Cardinal de La Rochefoucault apprécia la valeur d’Alain, lui accorda sa confiance et le recommanda au Cardinal de Richelieu pour visiter, voire réformer les chanoines réguliers de Saint Augustin dans les diocèses de Périgueux, Angoulême, Saintes, Limoges et Maillezais. Le travail à mettre en œuvre était énorme, la plupart des abbayes n’étant plus que ruines tant matérielles que spirituelles, suite aux nombreuses guerres civiles subies par la région.

5-2-L’évêque de Cahors

5-2-1-Un tempérament de feu

Alain de Solminihac avait un tempérament de feu: l’homme pouvait donc se montrer particulièrement irritable. Mais c’est surtout au service de l’Église qu’Alain sut mettre son naturel passionné et trop actif. Rien ne l’arrêtait quand il s’agissait de l’honneur et de la gloire de Dieu. Assoiffé de connaissances il était devenu un véritable spécialiste de l’Écriture sainte qu’il pouvait lire en grec, puis en hébreu. Et en raison même de sa sûreté doctrinale, il sut gouverner avec une grande prudence et beaucoup d’humilité. Il sut s’entourer de gens sages et d’expérience, suivant les recommandations de Monsieur Vincent : “Un évêque se doit faire aimer de tous, disait-il, prendre conseil de peu et se laisser conduire par Dieu seul.”

On a accusé Mgr de Solminihac d’avoir plaidé trop souvent. Quand l’honneur de Dieu et de l’Église était en jeu, Mgr Alain, jaloux de leurs intérêts, n’hésitait pas à intenter des procès. Mr Vincent le lui reprocha plusieurs fois. Mais jamais Mgr Alain n’intenta de procès en sa faveur.

Alain était naturellement sévère, aussi son diocèse fut-il mené d’une main de fer. Mais sous sa férule, son clergé s’améliora rapidement. Il savait, généralement, faire suivre une réprimande d’un acte de douceur. À la fin de sa vie, Alain s’expliqua: “Le jugement qu’on a fait de moi, me présentant comme un homme violent, est déraisonnable: mon inclination est de conduire par amour, mais pourtant avec fermeté contre les esprits rebelles. On se trompe encore de dire que j’ai changé, ce n’est pas moi qui ai changé, mais bien ceux que j’ai traités autrefois avec rigueur.”   

5-2-2-La charité

          L’évêque des pauvres

Devenu évêque, Alain de Solminhiac ne changea pas ses habitudes. Pendant les périodes de famine, il consolait, caressait, enseignait les troupes d’affamés qui se précipitaient vers lui. Puis, à ces miséreux qu’il venait d’instruire, Mgr Alain faisait de larges aumônes, prises sur ses propres revenus. En 1653, rapporte  Christian Dumoulin, il donnait quotidiennement deux quintaux de pain pour nourrir les pauvres de Cahors. Sa générosité était constamment à l’affût des besoins. Ces générosités épuisant ses revenus, Mgr Alain se sépara d’une partie de ses domestiques, vendit son carrosse et ses chevaux d’écurie non indispensables: “Voilà comment nous en avons usé et comme nous en userons toujours, si on ne nous fait connaître quelque chose de mieux. Il n’y a point d’évêché qui soit plus entièrement aux pauvres que le nôtre, pour lequel nous avons retranché jusqu’au nécessaire.”

          Les œuvres de charité de Mgr Alain.

La Fronde et la peste avaient fait de la misère un véritable problème social. Le 1er novembre 1652, Mgr Alain fonda, pour les “pauvres malades” l’Hôtel-Dieu, dédié à Notre-Dame.

Après les malades, il voulut venir en aide aux orphelines en instituant, le 20 juillet 1654, La Maison de la Providence des filles orphelines de Saint-Joseph. Cette institution s’adressait aux filles âgées de six à douze ans.

Quatre ans plus tard, en 1658, les orphelins eurent aussi leur “hôpital”. Mgr Alain avait, en effet, la hantise du salut des jeunes orphelins et voulait, à tous prix, ”empêcher les offenses qui se commettent contre la divine Majesté.”  

Mgr Alain écrivait :

“La nature de l’homme étant inclinée au mal dès ses premières années, cette malheureuse inclination se trouve encore fortifiée dans les pauvres qui, dès leur bas âge, sont abandonnés de leurs parents. Comme ils ont une entière liberté, rien ne les empêche de courir vers le mal où ils se trouvent portés, et les mauvaises habitudes prennent aisément racine dans un âge tendre, elles vont croissant en eux avec les années, et les accompagnent jusqu’à la mort; ne recevant aucune instruction de ce qu’ils doivent savoir pour leur salut, et n’étant appliqués à aucune occupation qui les puisse retirer de la gueuserie et de l’oisiveté, ils vivent dans une extrême ignorance et dans une étrange fainéantise, qui étant source féconde de tous les vices, donnent secours à la corruption pour exécuter ses perverses inclinations; c’est ce qui fait que leur vie est une vie remplie de péchés; et que d’ordinaire, ils meurent comme ils ont vécu.

La connaissance que nous avons de tous ces maux qui proviennent de l’abandonnement où se trouvent les pauvres orphelins, et l’obligation où nous sommes de mettre autant que nous pouvons nos diocésains dans les voies du salut, et d’empêcher les offenses qui se commettent contre la divine Majesté, nous ont donné, il y a longtemps, le désir de pourvoir à ces déplorables nécessités.”  

On croit rêver tant ce texte est d’une brûlante actualité. Mgr Alain n’aurait-il pas écrit aussi pour le début du XXIe siècle où les enfants, même ceux qui ne sont ni pauvres, ni orphelins, sont cependant complètement délaissés et livrés à eux-mêmes.

Mgr Alain fut l’apôtre de la charité dans son siècle de misère. On ne peut nier qu’il fut un digne disciple, et parfois aussi un conseiller de Monsieur Vincent, qui louait son “incomparable bonté.”

5-2-3-La clairvoyance et l’indépendance d’esprit de l’évêque de Cahors

Mgr Alain avait une haute conception de l’épiscopat et de ses devoirs. Il estimait qu’un siège diocésain ne devait être, ni un fief de famille, ni soumis aux ordres de la politique contre laquelle il n’hésitait pas à s’insurger: “Je ne puis pas concevoir comment il est possible qu’on pense à donner des évêchés à des personnes de cette sorte, et un évêché de telle importance que celui de Périgueux.”

En 1648, l’évêque de Rodez meurt, laissant son évêché dans un état pitoyable. Mgr Alain implore Mr Vincent d’y faire nommer un homme capable: “Je vous supplie, au nom de Dieu, d’apporter tout le soin qu’il vous sera possible, afin que ce diocèse soit pourvu d’un pasteur tel que l’état auquel il est réduit le requiert. Il n’est seulement nécessaire que ce soit une personne apostolique, mais encore qu’il soit doué d’une grande force d’esprit et d’un grand cœur. Serait-il possible que la reine[4], par quelque considération d’état, voulut mettre là une personne qui n’eût pas les qualités requises pour réformer ce diocèse? Je ne puis le croire de cette bonne princesse, et en aurait grande douleur si cela arrivait.”

Mr Vincent est attentif aux avis de son ami, ferme et claivoyant, mais il se heurte parfois à des conflits d’intérêts ou aux choix de Mazarin qui impose ses candidats. Ainsi, ayant flairé un mauvais choix, -le candidat n’avait pas la foi-, Alain et Mr Vincent multiplièrent leurs efforts: en vain.

Mgr Alain regrettait aussi l’isolement de l’épiscopat, aussi institua-t-il, en 1649, les Conférences de Mercuès. On y passait en revue les soucis pastoraux, l’administration diocésaine, les nominations, les visites pastorales, les prédications, les expositions du Saint Sacrement, et de multiples sujets divers, dont les synodes diocésains, qui, aux dires d’Alain, sont “l’action la plus éclatante de l’office épiscopal. L’évêque y paraît dans sa majesté et autorité.” Cependant, dès la première séance, l’accent était mis sur la valeur et la nécessité de l’oraison pour un évêque.

Face aux jansénisme

L’œuvre de Mgr alain, c’était le combat de la foi, coûte que coûte. Dans ce combat, rien ne l’arrêtait, “ni ses avantages personnels [5], ni la peur des Grands, ni le froissement de ses amis.” Toute sa vie il mena son combat dans une entière soumission au pape, en dépit des lourdes influences gallicanes de l’époque, en France. C’est ainsi que dans le domaine de la liturgie, l’évêque de Cahors imposait à ses prêtres l’usage du rituel, du bréviaire et du missel romains, ainsi que le calendrier grégorien.

Voulant mettre en œuvre la réforme tridentine, il ne pouvait tolérer aucune velléité d’insubordination à l’égard du pape. C’est dans cet état d’esprit qu’il eut vent de la parution de l’ouvrage de Jansénius: L’Augustinus. D’emblée, après une lecture attentive, il détecta l’hérésie et se promit de la combattre. On devine sans peine sa réaction quand il apprit que dans la chaire de théologie de l’université de Cahors, son diocèse, on enseignait les thèses jansénistes!...

5-3-La vie mystique de Mgr Alain de Solminihac

Alain de Solminihac prétendait que “la force était la pièce maîtresse des prélats.” C’est la force qui donne aux évêques le courage de résister aux grands de la terre: “Dieu m’a donné l’esprit de force. Je n’appréhende pas plus les hautes puissances que des fourmis, quand il s’agit de la gloire de Dieu.”

5-3-1-Le mystique

Alain de Solminihac, vu de l’extérieur, et malgré sa santé souvent déficiente, semblait, moralement et intellectuellement, une force de la nature. D’où tenait-il ce courage à toute épreuve? Quelques rares confidences échappées devant des proches collaborateurs, dévoilent les secrets de son âme entièrement livrée au Roi des rois. Alain fut favorisé, déjà à Chancelade, de faveurs mystiques “rares et singulières.”

On lui attribue un don de prophétie. On note aussi ses dons de hiérognose: la détection des objets sacrés. Ainsi, l’évêque de Cahors reconnut des hosties non consacrées qui avaient été mises dans un ciboire, pour suppléer à un oubli: “Reprenez votre encensoir, déclara-t-il au prêtre qui tendait l’encensoir, Jésus-Christ n’est pas là.”

Une religieuse de Toulouse fut témoin d’un phénomène de lévitation, dans le parloir de Moissac, jusqu’à quatre ou cinq “pans” au-dessus du sol. Alain lui ”défendit de parler de ces choses à qui que ce soit, car, lui dit-il, les faibles pourraient en conclure quelque chose de bon en moi, tandis que de pareils faits pourraient se rencontrer même dans les méchants.”

Mystique, l’évêque de Cahors le fut, mais ce qui le guidait, toujours, c’était la volonté de Dieu : “Quand je ne connais pas la volonté de Dieu, je suis un poltron, mais dès que je la connais, je suis courageux... Car, expliquait-il, “les serviteurs de Dieu ont toujours sa volonté devant les yeux; elle les devance comme une claire lumière, et dès lors qu’ils ne la voient plus, ils s’arrêtent.”

L’évêque de Cahors conservait un sens aigu de son néant et de sa petitesse. Le religieux prenait toujours le pas sur l’évêque. Et seule la grandeur de Dieu commandait ses devoirs d’évêque. Alain de Solminihac se voulait image vivante de Jésus-Christ, “le très parfait exemplaire de toute sainteté”.

5-3-2-La vie ascétique

Mgr Alain estimait que l’ascétisme était indispensable à un prélat qui voulait se vouer tout entier aux fonctions et aux devoirs de sa charge. Il assurait ”qu’un évêque doit porter la mortification de Jésus-Christ dans son corps.” Fort de ces convictions, Alain, évêque, conserva ses mortifications de religieux: discipline, régime alimentaire réduit à son minimum, pénitences de toutes sortes. On a dit que le Roi Louis XIII “s’étonna que M. de Cahors, le jour de son sacre, ne fit honneur qu’au potage!”

Loin de l’accabler, ses mortifications aidaient Alain à supporter tout le poids de sa charge. Elles libéraient son âme pour la prière, l’oraison et l’union à Dieu.

Sa chasteté fut irréprochable: elle rayonnait: “Par la grâce de Dieu, confia-t-il un jour, depuis que je suis religieux, je n’ai eu aucune pensée désonnête qui eût duré plus d’un Ave Maria... La chasteté, aimait-il à dire, est une vertu timide et tremblante. C’est une vertu angélique qui a de puissants ennemis, et comme elle défie de soi-même, elle surmonte en fuyant.” 

          L’ascète

Voici quelques-unes de ses résolutions : “Durant le jour, je tâcherai souvent d’unir ma volonté à celle de mon Dieu... Je tâcherai d’avoir un visage gai et serein et, surtout à la récréation parmi mes frères, je ne dirai chose qui ne serve pour une sainte récréation... Je garderai ponctuellement ma Règle; je relirai ce règlement une fois chaque semaine et, si je trouve que je lui ai manqué en quelque chose, je m’imposerai quelque pénitence.”

5-3-3-L’amour des croix

Mgr Alain, évêque, voulait en tout, imiter le Christ. Pour lui, les croix de chaque jour ”l’identifiaient au sacrifice perpétuel du Christ.” Il insistait : “Les évêques doivent goûter l’excellence des croix, des persécutions et des calomnies qui les sanctifient particulièrement... Il ne faut pas s’étonner si les évêques ont des contradictions puisqu’ils sont établis pour détruire le vieil homme... Un évêque ne peut être que malheureux, car s’il fait son devoir comme il faut, il sera contrecarré de tous côtés. Sinon quelle paix et quel repos de conscience peut-il avoir ?”

Les persécutions attachèrent fermement Mgr Alain à son siège épiscopal. “Elles sont, disait-il, une des choses les plus désirables du monde. Je les estime plus que tous les trésors du monde... J’aime mieux les plus noires calomnies... que toutes les prières qu’on saurait faire pour moi... Je vois tant de merveilles dans les croix que je n’ai point de parole capable de les exprimer.”

Les persécutions détruisent l’orgueil: “Nous devons aimer la confusion et l’abjection, car c’est en cet amour que consiste la crème de l’humilité... Les croix ont deux effets, elles nous purifient et nous rendent semblables à Notre-Seigneur... Si le Fils de Dieu n’était pas venu en ce monde, nous ne saurions pas quel grand trésor sont les croix.”

5-4-L’union à Dieu

Les croix, les mortifications n’ont qu’une “fonction purgative et dispositive” affirmait Mgr Alain. “Elles préparent l’âme à aller vers Dieu, vers l’oraison mentale qui a une fonction unitive. C’est là où Dieu nous fait grand honneur et grande grâce de nous permettre de parler à Lui et de nous parler.” L’oraison fut la respiration spirituelle, tant de l’abbé de Chancelade que de l’évêque de Cahors. Elle entretenait son activité et la conditionnait. Dans sa grande familiarité avec Dieu, Alain  recevait les lumières pour diriger son abbaye ou son diocèse et connaître le cœur de ses chanoines ou les difficultés de son clergé. “M’ôter l’oraison, ce serait m’ôter la vie”, ne cessait-il de dire.

Sur le sujet de l’oraison, Alain était intarissable: “Dieu communique dans l’oraison une force admirable de sorte que l’on parlerait avec liberté à la face des rois... L’oraison est incomparable. Elle permet de faire un bon usage des croix, de mieux les goûter, de les apprécier plus parfaitement. Elle fait connaître l’horreur que Dieu a des péchés.” Alain affirmait aussi : “Je ne fais aucun état du prêtre qui ne fait pas oraison... Un prêtre ne peut-être sauvé sans oraison.”

Il en est de même pour les évêques, et peut-être encore davantage: “La vie d’un évêque doit être une oraison perpétuelle, excepté le temps qu’il doit donner à l’action par les obligations de sa charge.” Pour honorer son programme: deux heures d’oraison chaque jour, Mgr Alain dut rogner sur son sommeil, sur son travail intellectuel... “Mais, avouera-t-il, j’ai longtemps disputé de savoir si je quitterais l’étude pour m’adonner entièrement à l’oraison. C’était difficile à cause de ma charge qui demande sans cesse une grande science; mais enfin, j’ai passé outre. Dans l’oraison on apprend plus, et pour soi et pour les autres, que dans la lecture des livres, quoiqu’il ne faille pas mépriser celle-ci.”

Au fur et à mesure que Mgr Alain avançait en âge et en expérience, sa méditation se faisait de plus en plus longue: il ponctuait sa journée de multiples moments d’oraison, de telle sorte que sa vie n’était plus qu’une unique et permanente oraison.

5-4-1-L’adoration du Saint Sacrement

“Si l’oraison unit à Dieu, le Saint Sacrement remplit de Dieu et de ses grâces... Il est la source de la vie intérieure d’un évêque qui doit imiter la vie intérieure du Christ, vie de sacrifice, d’anéantissement et de mort.” Mgr Alain avait des expressions très puissantes. Il disait: “Ce sacrement déifie ceux qui sont bien disposés. Si une âme est bien épurée, il imprime comme un sceau ou caractère de la divinité. C’est une béatitude commencée... L’Eucharistie est comme le soleil qui endurcit la boue et liquéfie la cire.”

Sa foi dans l’Eucharistie était absolue. La chapelle était pour lui son lieu privilégié. “L’Eucharistie est un sacrement embrasant, disait-il. Je sens beaucoup de secours à faire mes oraisons devant le Saint Sacrement.” Fervent mystique, il avoua un jour: “Il serait bien juste que les lampes qui sont devant le Saint Sacrement brûlassent aux dépens du sang des chrétiens, et celui des évêques y devrait être employé le premier.”

“Nous avons trois trésors dans l’Église: les tribulations, l’oraison et le Saint Sacrement; les tribulations désemplissent de la créature et purifient l’amour-propre. l’oraison nous unit à Dieu, et le Saint Sacrement nous remplit de Dieu Lui-même.

5-4-2-Une mystique épiscopale

Mort à lui-même, Alain est tout à Dieu, attendant sa volonté. Sa confiance en Dieu était illimitée, comparable à l’abandon d’un petit enfant entre les bras de sa maman, car, disait-il: ”La confiance est une fille de l’amour qui est aussi grande que sa mère.” Chez lui, “l’état d’enfance spirituelle s’alliait avec l’état d’offrande, la mystique d’union avec la mystique de l’anéantissement, et l’anéantissement par une activité sans relâche jusqu’à la consommation du sacrifice au lit de mort... Il faut, disait-il, monter de l’indifférence à l’offrande et s’offrir à Dieu en sacrifice perpétuel. Il faut demeurer dans cet état d’oblation toute sa vie, et il faut pourtant suivre Dieu là où Il nous appelle. Il faut avoir une grande fidélité à offrir jusqu’aux moindres choses, quand ce ne serait qu’une œillade... Il faut s’appliquer amoureusement et avec grand courage et constance au service de Dieu et à ce qu’il nous fera connaître être de sa volonté.”

Cette vie d’offrande deviendra pour Alain, dans les dernières années de sa vie un véritable état d’holocauste. Il se détachait de tout, immolait tout ce qu’il avait et tout ce qu’il était. Cette mort mystique était à la fois violente et amoureuse, car, disait-il, “elle est causée par les croix et on y accède par l’oraison. Il se consume comme le sacrifice du soir, celui que les prêtres faisaient lentement durer toute la nuit. Il aime sa propre destruction, puisqu’un évêque, à l’imitation du Christ, doit être un anéantissement perpétuel et dans une disposition d’hostie.”

L’intensité de la vie mystique d’Alain fut probablement une des causes de la valeur de son épiscopat et de ses fruits, car, selon lui: “il n’y a point de meilleur moyen pour s’unir à Dieu que dans l’exercice de nos charges... À mesure que l’on est à sa charge (son devoir), à mesure on est à Dieu.” Et de citer l’exemple de M. Olier, Fondateur des Sulpiciens qui venait de mourir: “M. Olier a été tout à sa charge, et comme ce fut la cause de sa sanctification, ce sera aussi le motif de sa canonisation.”

5-5-Avec Marie

Alain de Solminihac avait toujours eu une profonde dévotion envers la Très Saint Vierge Marie. Gentilhomme, il la considérait comme sa Dame et il s’était mis sous sa protection, car, ”le meilleur moyen d’assurer son salut, c’est d’être serviteur de cette sainte Dame.” Chanoine augustin, puis évêque, il récitait, à genoux, tous les jours son chapelet. Marie était pour lui un asile et un suprême recours. Marie, pour lui, c’était le mystère de la sainteté dans le mystère de l’humilité. Devant la grandeur de Dieu, la petitesse de la créature est un appel au plus haut service. “La Vierge a eu plus d’humilité que tous les autres saints, expliquait-il au retour d’un pèlerinage à Notre-Dame des Vertus, à Aubervilliers, peu de temps avant son sacre, parce que, plus sainte que les autres, elle avait une plus parfaite connaissance de l’excellence de Dieu et par conséquent de son propre néant.”

Conclusion

D’un gentilhomme, faire un abbé réformateur, puis un évêque saint... les voies du Seigneur sont impénétrables et imprévisibles... Mais elles sont toujours admirables !


[1] Mgr de Cahors veut rendre accessible à son clergé le commentaire d’Estius sur les épîtres de Saint Paul: “Aucun auteur, pense-t-il, n’a rendu aussi fidèlement le sens du texte de l’Apôtre.”

[2] En 1628, la famine toucha durement tout le Périgord.

[3] Visiter les pestiférés, les assister, les réconforter, les confesser et administrer les sacrements.

[4] Anne d‘Autriche

[5] Alain de SOLMINIHAC, Au service de Dieu et de sa gloire, de Christian DUMOULIN. Publié chez TÉQUI  en 1981.

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